« Dire à un homme qu’il est lâche, c’est presque toujours frapper juste » – Félix Leclerc

C’est avec déplaisir et plusieurs haussements de sourcils à la « mais il se prend pour qui lui? » que j’ai lu l’aveu du manque de rigueur et de facultés de recherche du pseudonommé Emmanuel Cree, intitulé « Ôde à la connerie : le paradoxe Redskins ». Probablement écrit suite à une fin de soirée qui s’est mal déroulée, l’auteur nous propose un voyage dans le dédale de son imbécillité afin de dénoncer la connerie qui, semble-t’-il, se trouve partout sauf chez lui, conformément au délire paranoïdo-élitiste qu’on retrouve chez tant d’adolescents.

D’abord, c’est bien beau de traiter les gens d’imbéciles, mais bon, ça n’apporte rien de nouveau et ça démontre plus son propre pédantisme et son absence d’effort intellectuel qu’autre chose. C’est une chose de dénoncer la connerie en général, c’en est une autre que d’arrêter d’être un con. Le niveau intellectuel de cet article tient certainement plus des comportements du personnage de South Park « Cartman » ou des animateurs de radio-poubelle.

Ensuite, je n’ai pas l’intention de donner un cours de Skinhead 101, mais pour le bien de la cause, je vais me contenter d’affirmer que l’assimilation des Skinheads au néo-nazisme est fallacieuse. De la même façon que tout néo-nazi n’est pas skinhead, tout skinhead n’est pas néo-nazi. À la fin des années soixante, la sous-culture comptait dans ses rangs des noirs, des arabes, etc. Il en va d’ailleurs toujours ainsi aujourd’hui, et pas besoin d’être redskin pour être un skin « de couleur ». C’est donc soit par mauvaise volonté, soit par ignorance que l’auteur assimile le terme « skinhead » au nazisme et l’opposition skinheads/redskins ne tient pas vraiment la route.

Pour terminer, tout en se présentant comme un opposant à la bêtise et en critiquant le caractère méprisant des redskins, l’ami Emmanuel tient lui-même un discours condescendant, ce qui ne peut que laisser deviner de longues années de pratique en hypocrisie.

Si j’avais un conseil à donner à celui qui utilise le pseudonyme « Emmanuel Cree », je citerais un de mes anciens collègues qui se plaisait à dire « lâche pas l’école, le jeune ».

Signé, un dude qui n’est pas un skin et que certains skins/redskins/néo-nazis n’aiment pas mais qui ne pouvait quand même pas laisser passer une telle grossièreté.

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Hier, j’étais heureux de tomber sur un article* introduisant (pour la énième fois) le bédéjournalisme sans pour autant juger bon de plugger inutilement le mot « gonzo » pour parler de Joe Sacco (et en tant que précurseur du genre, c’est très facile de créer avec lui un effet d’entraînement sur tout le reste jusqu’à m’en donner la gerbe).

J’ai eu le malheur de voir l’association Sacco-gonzo trop souvent et ça m’agace particulièrement. Peu importe comment on peut dire que Sacco revendique « sa posture d’héritier du journalisme Gonzo »**, le fait est qu’il n’utilise pas ce terme pour décrire son œuvre, et avec raison puisqu’il ne s’agit tout simplement pas de journalisme gonzo.

Pour Hunter S. Thompson, le « gonzo » est basé sur l’idée que « the best fiction is far more true than any kind of journalism »***, idée déjà présente dans le New Journalism qui précédait le gonzo d’une bonne dizaine d’années. La particularité du sous-genre créé par HST tenait surtout de la spontanéité de l’écriture. L’idée de départ de Fear & Loathing in Las Vegas (un des premiers textes Gonzo après The Kentucky Derby is Decadent and Depraved) était d’acheter un cahier pour y écrire une description des événements, des commentaires et des réflexions, le tout rythmé par la consommation d’une quantité considérable de drogues et d’alcool par l’auteur (et, souvent, par ses acolytes). Le cahier aurait ensuite été envoyé pour fin de publication sans relecture préalable. « That way, I felt, the eye & mind of the journalist would be functioning as a camera »****. Il était important que le document ne soit en rien modifié et c’est le processus d’édition qui fit en sorte qu’il qualifia Fear & Loathing in Las Vegas de « failed experiment in Gonzo Journalism »*****.

Sur le terrain, Sacco dessine peu, il préfère se référer ultérieurement à des photographies et aux entrevues. On devine, de toute façon, par la qualité de ses dessins, qu’ils n’ont pas le caractère spontané du journalisme gonzo. Comme le New Journalism, il cherche visiblement à rejoindre son lecteur en lui donnant autre qu’un ramassis de platitudes osant prétendre à l’objectivité, mais ce n’est pas du gonzo. Alors voilà, foutez moi la paix avec tout ça maintenant.

Post Scriptum : Je réalise que tout ça ne peut sembler que d’un détail, c’est vrai que, finalement, ce n’est pas tant important que Sacco soit, ou non, gonzo. C’était plutôt un coup de gueule devant l’utilisation à tort et à travers d’une expression pour décrire le travail d’un bédéiste que j’adore et auquel elle ne s’applique tout simplement pas.

Post-Post Scriptum: Si Joe Sacco vous intéresse, je vous suggère de lire le souvent moins sérieux Notes From a Defeatist, où l’on peut lire l’histoire du marxiste Arnold Homecastle ou du soviétissime Mark Victorystooge. Si la question du gonzo vous intéresse, je conseillerais la lecture de What is Gonzo? Etymology of an urban legend du docteur Martin Hirst.

Notes:

* http://www.cjr.org/the_news_frontier/symbolia.php?page=all

** http://salondouble.contemporain.info/la-vertu-du-journalisme-passionn

*** Hunter S. Thompson. The Great Shark Hunt, New York, Simon & Schuster, 2003 (1979), p.106

**** et ***** Idem

 

Suite à la création du ghetto des locaux d’associations étudiantes au deuxième étage du pavillon Hubert-Aquin, on m’a dit que l’administration de l’UQÀM agissait de façon paternaliste. Ça m’a surpris, je n’avais pas vu ça ainsi. À mon sens, l’attitude de l’administration est beaucoup plus proche de la crisette pathétique d’un enfant capricieux qui croit que sa forme peu originale d’agressivité-passive lui permettra d’obtenir magiquement ce qu’il désire. Tout ça ne semble pas très réfléchi. Un peu de la même façon que ses intentions para-judiciaires ne relèvent pas de quelque vision de « vivre-ensemble » collégial, mais plutôt d’un délire kafkaïen où l’on applique d’absurdes règles gestionnaires dans le seul but de les appliquer*. Ces règlements sont, d’ailleurs, d’autant plus faciles à appliquer qu’ils semblent, par un détour du destin que je n’arrive à m’expliquer, s’évanouir dès qu’on se tient dans un certain périmètre entourant la direction. Autrement dit les mêmes individus qui sonnaient l’alarme quand d’autres gaspillaient les fonds de l’université dans d’idiotes aventures immobilières sont ceux qui se voient disciplinés par l’université, alors que les Roch Denis de ce monde se retrouvent avec une référence de plus sur leur CV.

Way to go UQÀM, way to fucking go.

À lire: http://www.unionlibre.net/vol8_no1/quy_a-t-il_derriere_ces_murs

* http://www.unionlibre.net/vol7_no2/derive_securitaire_a_luqam

L’escouade éclipse est menacée…

C’est ce que dit un article de La Presse, coiffé d’une photo de deux policiers près d’un noir menotté au sol. L’un de nos chevaliers de la civilisation discute avec on-ne-sait-qui grâce à son téléphone portable. Il s’agit, la légende l’indique, d’une photo du travail de l’escouade éclipse prise en 2008. Un noir couché sur le sol et un type qui parle au téléphone. Travail. Ce bout de texte et le début de l’article constituent un espèce de « double entendre » assez étrange, on se demande comment l’article a bien pu être produit…

« Okay mon Daniel, le SPVM nous a commandé un article ben licheux pour ravoir une subvention du fédéral, tu vas tu pouvoir m’écrire ça? »

L’éditeur en chef ne posait jamais de questions, ni à lui-même, ni à personne. Interrogation? Ponctuation. Quand il s’approchait d’un jeune journaliste dont la mère n’arrivait toujours pas à peigner les abondantes mèches frisées, il le fixait avec les yeux qu’il avait, de ses dents, arrachés à un faucon et savait qu’il serait obéi. Le morveux de la nouvelle sursauta, échappa le stylo qu’il utilisait pour bleuir des calepins et balbutia: « S-S-Sûr boss, sûr. C’est su’ quoi? »

Quelques détails furent échangés. L’éditeur en chef était avare de ses mots comme de ses impôts. À l’instar du renard bérurier, il donne des ordres brefs. Le morveux hésita, gratta le fond de sa cervelle. Ses yeux s’illuminèrent et apparu sur sa tronche le sourire de l’heureux qui se sait content.

« Okay boss, quess’tu dirais si j’commençais en disant…

Depuis presque cinq ans […] une quarantaine de policiers visitent les bars, clubs de danseuses nues et «afterhours» partout dans l’île.

L’expression « espace médiatique » revient régulièrement, comme une roche dans la chaussure de mon observation des médias dits « d’information », ce genre garnotte qu’on a beau essayer d’enlever son soulier et le secouer ou se foutre la main dedans pour la trouver… Elle ne sort jamais, on ne la trouve pas, on la sent juste assez souvent pour faire chier. Elle fait chier parce que c’est flou ça, l’espace médiatique, est-ce qu’il y a une topologie de cet espace là? Il y a une carte? Le Monde a  tenté de cartographier la blogosphère politique, avec un résultat intéressant et coloré, mais quand on parle d’occuper de l’espace médiatique, c’est aussi une mesure de la fréquence des mentions, de l’importance accordée au sujet, bref toutes ces choses merveilleuses qu’on retrouve dans les fantastiques et incroyables fables de la presse.

Approche et méthode

La semaine dernière, j’ai décidé de faire une mesure de l’espace occupé par les divers partis politiques sur la page « Élections 2012 » de LaPresse.ca. Mes observations sont très sommaires, j’ai mesuré l’espace occupé par chacun des quatre types d’éléments qu’on y retrouve. Il y a l’article avec la plus grande photographie au sommet de la page, qui trône au dessus de trois éléments similaires de plus petite taille, il y a ensuite les catégories, dominées par un article avec photographies et incluant trois titres d’articles en dessous. Les titres sont les éléments les plus petits de la page, ils sont donc la base d’un système de pointage élaboré en fonction de l’espace occupé. Si le titre de nouvelle vaut 1 point, alors, le premier article de chaque catégorie en vaut 4, la « bannière » au sommet en vaut 15 et les sous-bannières en valent 5.

Pour chaque mention d’un parti politique, ou d’un candidat de ses candidats, l’élément ajoutait des points pour le parti. Les quatre éléments différents étaient ainsi attribués selon le parti en question, ou alors appartenaient à la catégorie « Autres », qui comprend des articles indispensables comme « Un foisonnement de petits partis », « J’ai troqué le carré rouge pour le crochet rouge » et « Conjoints de chefs: unis en campagne comme dans la vie ». Je n’ai inclus dans mes observations que la partie centrale de la page, et non les chroniques, les lettres d’opinion, de même que les catégories « Cartes interactives » et « Autres nouvelles ». Je voulais m’en tenir aux éléments principaux. J’ai évité ce qui relevait de l’opinion principalement parce que si je devais découvrir un biais, il est facile de l’attribuer aux chroniques ou au courrier des lecteurs, qui sont, à quelques exceptions près, de nature subjective. Alors que la nouvelle, supposée objective, ne devrait, théoriquement, pas favoriser qui que ce soit. Tout ceci est bien simpliste comme considération, je l’admets. Ma méthode n’est pas sans failles et pourrait certainement être améliorée, ceci dit, ce court exercice met à jour des résultats qu’il vaudrait la peine d’approfondir.

Il faut aussi noter que je n’ai pas évalué les articles en soi, ni n’ai-je fait de différences entre une remarque positive ou négative, mon but n’étant pas d’évaluer l’opinion de journalistes, mais plutôt de voir la quantité d’espace occupée par divers groupes politiques dans l’espace médiatique de La Presse.

Dernière note, si deux partis étaient mentionnés dans un élément donné, je divisais sa valeur en deux, au lieu donner la même quantité de points à deux partis. Ça explique aussi pourquoi certains résultats finissent par « .5 ».

Résultats

  • 27 Août, 8h40

PQ: 5

PLQ: 1

CAQ: 26

QS: 5

ON: 4

PV: 0

Autres: 24

  • 28 Août, 8h50

PQ: 22

PLQ: 9.5

CAQ: 13.5

QS: 1

ON: 1

PV: 0

Autres: 10

  • 29 Août, 9h10

PQ: 21.5

PLQ: 0

CAQ: 20.5

QS: 1

ON: 1

PV: 0

Autres: 21

  • 30 Août, 17h30

PQ: 11.5

PLQ: 10.5

CAQ: 21

QS: 7

ON: 0

PV: 3

Autres: 5

  • 1 Septembre

PQ: 21

PLQ: 15

CAQ: 17

QS: 0

ON: 1

PV: 0

Autres: 8

  • 2 Septembre, 11h

PQ: 14.5

PLQ: 5

CAQ: 24.5

QS: 1

ON: 1

PV: 4

Autres: 17

  • Totaux:

PQ: 95.5

PLQ: 41

CAQ: 122.5

QS: 15

ON: 8

PV: 7

Autres: 85

Conclusions

Je ne sais pas si je puis dire que les totaux sont éloquents, surtout considérant que mes observations ne furent effectuées que sur une courte durée, ne prennent pas en compte la longueur des articles, que je n’ai analysé qu’un seul journal… J’avais sélectionné le site Lapresse.ca pour quelques raisons, d’abord, je ne voulais pas choisir un journal indépendant, comme Le Devoir, puisque sa distribution est moindre et qu’il serait, par conséquent, un peu moins représentatif des médias québécois en général, même chose pour le Journal de Montréal, considérant, et en ceci il ne faut pas comprendre un quelconque jugement péjoratif, qu’il correspond plutôt à la presse dite « tabloïd ».

Malgré les lacunes de ma méthode, je remarque que l’espace occupé est disproportionnel aux sièges occupés à l’Assemblée Nationale, les chiffres ici ne correspondent donc pas au poids politique des différentes formations. Par exemple, alors que le PLQ a environ 7 fois plus de députés que la CAQ, cette dernière est approximativement trois (2.98) fois plus représenté dans La Presse, même chose pour le PQ qui a 5.22 fois plus de députés, alors que la CAQ est 1.28 fois plus présente. Ceci pourrait être dû à une campagne médiatique moins agressive des deux principaux partis, de même qu’à plusieurs candidats CAQ-istes pour le moins truculents.

On remarque aussi la très grande place occupée par les « autres nouvelles », que nous pourrions aussi qualifier de « Faits divers », qui sont deux fois plus présents que le parti actuellement au pouvoir.

Bien que critique de la gauche de son époque, Orwell est resté fidèle à ses engagements politiques d’anarchiste « tory ». Comme le remarquait Michael Walzer, dans une entrevue publiée dans un dossier sur Orwell du Magazine littéraire, « La ferme des animaux et 1984 ont été conçus comme des critiques ‘internes’ à la gauche. Ils étaient destinés à un public de la gauche britannique »*, ce qui n’empêcha pas la droite de récupérer ces récits à son avantage. Je remarque d’ailleurs que dans ma copie de Animal Farm, achetée il y a longtemps dans une boutique de livres usagés et publiée par une maison d’édition éducative (Longman, Pearson Education Limited), on dit dans l’introduction que « The overall message is that man’s desire for power makes a classless society impossible »**. Malgré ses intentions, Orwell fut instrumentalisé par la droite, au point où c’est devenu une interprétation facile mais commune que 1984 et Animal Farm s’opposent à l’idée d’une société sans classes.

Le regretté écrivain Christopher Hitchens admirait Orwell et était, initialement, militant de gauche. Un commentaire de Walzer (de la même source que la précédente) s’applique d’ailleurs aux deux hommes: « Je ne pense pas qu’il aurait eu la moindre difficulté à se qualifier lui-même de gauchiste, bien qu’il n’ait pas beaucoup apprécié ses camarades gauchistes ». Mais à la différence d’Orwell, Hitchens a finalement plus ou moins renié son engagement initial pour éventuellement supporter, notamment, la politique étrangère de l’ère Bush-Cheney. Lors d’une entrevue, Johann Hari a remarqué sur le sujet qu’Orwell s’était opposé autant au stalinisme qu’au fascisme sans pour autant dire un mot en faveur de Churchill, Hitchens a alors expliqué qu’il s’était éloigné de la gauche à cause de sa position contre l’intervention étrangère lors de la guerre en Bosnie-Herzégovine: « That war in the early 1990s changed a lot for me. I never thought I would see, in Europe, a full-dress reprise of internment camps, the mass murder of civilians, the reinstiutution of torture and rape as acts of policy. And I didn’t expect so many of my comrades to be indifferent – or even take the side of the fascists »***. Il s’est alors distancé de la gauche, cessé son engagement, pour éventuellement ne plus avoir d’allégeance politique.

La différence entre Hitchens et Orwell est justement que ce dernier, bien qu’il n’aimait pas plusieurs de ses « camarades », a maintenu sa position politique, alors que Hitchens a  abandonné son engagement suite à des désaccords.

Récemment, une prise de bec virtuelle avec quelque individu s’auto-définissant en tant que prolétaire a fait revivre en moi la malheureuse tentation de « faire un Hitchens ». En ma qualité d’asocial, il est inévitable que les gens qui partagent certaines de mes opinions politiques me semblent de parfaits imbéciles, que ce soit par cette bêtise habituelle à laquelle nous nous adonnons tous et toutes dans quelque sphère de notre vie ou alors peut-être même sont-ce des tarés que je n’étiquette pas encore de la sorte simplement parce que je ne les connais pas assez. Des différences de positions peuvent empêcher de militer pleinement auprès d’individus dont on ne partage pas les revendications, ou dont nous sommes critiques, ces mêmes individus peuvent aussi ne pas apprécier la présence dans leurs rangs de quelqu’un qui, prenons l’exemple de Hitchens, est en faveur de l’interventionnisme américain à l’étranger. Il est étrangement désagréable de lutter auprès de gens qui nous sont antipathiques, et les paroles de Desproges résonnent certainement à mes oreilles: « À part la droite, il n’y a rien au monde que je méprise autant que la gauche, et puis d’abord, quelle gauche? La gauche gluante d’humanisme sirupeux des eunuques à la rose? ».

Dans ce cas-ci, je me demande à quel point cette situation peut influencer mon jugement, ma capacité critique… Mais je cherche à me rappeler que, contrairement à ce que certains semblent se plaire à croire, il n’est pas besoin d’être en amour fou avec les gens qui partagent notre opinion, ce serait ridicule. Le « nice boots, wanna fuck? », cliché dans la scène goth, deviendrait « nice thoughts on redistribution of wealth, wanna fuck? », ça se rapproche du pathétique. Et puis, je me rappelle, je critique la gauche avec laquelle je m’associe, certes, mais je laisse la droite bien tranquille dans toute cette histoire. Considérant que je ne suis ni politicologue, économiste, juriste ou sociologue, mes bases en critique sont philosophiques, littéraires, historiques ou sémiotiques, que pourrais-je alors bien faire à la droite? Elle est si basse en ces points que ce serait ridicule de l’attaquer, quand je vois Marc-André Cyr attaquer Éric Duhaime****, ce dernier me fait un peu pitié, un peu de calme Marc-André, quel idiot va cracher sur un lépreux, quel dégénéré vole les bonbons d’un enfant? Un enfant avec beaucoup de micros, mais il fait pitié à voir quand même, il fait pitié… Avec tout son argent, ses multiples tribunes, le fait qu’il est inévitablement propriétaire de son logis et qu’il soit consulté par certains politiciens alors des gens comme Éric Pinault ne font que des apparitions sporadiques dans les médias et dans la vie politique québécoise…

* Le Magazine Littéraire, No. 492, Décembre 2009, p.81.

**Orwell, George. Animal Farm, Longman – Pearson Education Limited,

*** http://johannhari.com/2004/09/23/in-enemy-territory-an-interview-with-christopher-hitchens/

**** http://voir.ca/marc-andre-cyr/2012/08/14/le-caractere-fetiche-d%E2%80%99eric-duhaime-et-son-secret/